please kill me

if only

jeudi 31 mai

Le beau serge

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Surtout ne pas oublier qu'avant d'être la tafiole mondaine qui hantait les plateaux de télés pour raconter comment il avait été "l'ami des stars", Jean-Claude Brialy, c'était Le beau Serge (enfin, le "beau Serge", c'était Gérard Blain, lui aussi disparu, mais bon...)et tant d'autres rôles dans certains des plus beaux films de la Nouvelle Vague (Tous les garçons s'appellent Patrick, Les Cousins, Une femme est une femme...). Finalement, c'est pas si bien de vieillir, et encore moins de mourir.

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mardi 29 mai

Retour aux basiques

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Vers 1981-82, au 7 rue Pierre Sarrazin, pas trop loin des quelques cinoches où je trainais les samedis après-midis, il y avait cette boutique de disques. Les mecs qui y trainent me faisaient un peu flipper mais me fascinaient. J'avais 13 ou 14 ans. Avec un pote, une fois, j'ai osé y entrer. Et là, c'était vraiment la caverne d'Ali Baba. Tout ce que j'allais me mettre à aimer en matière de musique s'y trouvait. Des tonnes et des tonnes de 45 tours qu'on écoutait en boucle, et des albums, avec des pochettes dingues. La plupart des disques étaient chers pour le peu d'argent de poche que j'avais, souvent c'étaient des imports, et ici, contrairement à la FNAC, c'était hyper difficile de les piquer. Alors, on demandait à les écouter (pour pouvoir ensuite tenter de les piquer à la fnac, justement, quand ils les avaient). Et surtout, il y avait des piles de fanzines rocks, improbables, très graphiques, et des flyers pour des concerts qui nous faisaient réver. Petit à petit, mon pote et moi on est devenus des habitués de cette boutique. Le vendeur commençait à bien nous aimer et il nous racontait des trucs, nous expliquait pourquoi sa boutique s'appelait comme ça : New Rose.
A cause d'un titre des Damned. Ce jour, ce groupe est devenu mon groupe préféré, jusqu'à ce que j'en découvre d'autres bien sûr, car les Damned n'ont jamais été le meilleur groupe de l'époque, mais quand même. Comme entrée en matière, ça se posait bien, et ça ouvrait plein de perspectives qui allaient me mener vers les Buzzcocks, les 999, ou même les Ramones, que j'ai commencé à apprécier un peu tard. Le punk-rock des Damned était juste plus accessible, plus joyeux et parodique que celui des Pistols, trop ouvertement violent, ou celui des Clash, trop élaboré pour le petit con que j'étais. Mais c'est vraiment grâce à la bêtise affichée, à la joyeuse déconnade de Captain Sensible et de ses acolytes que je me suis ouvert au dadaïsme punk. Une bonne base. Je ne me souviens pas quand New Rose a fermé. Je me demande ce qu'il y a à sa place aujourd'hui.

The Damned : New Rose

The Damned : I Just Can´t Be Happy Today

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vendredi 25 mai

la nuit nous appartient

C'est bientôt la fin de cette semaine cannoise. Demain, je fais ma valise et je me prépare psychologiquement à 6h de train bondé, dans la chaleur et la fatigue.
Cette année fut encore riche en belles surprises cinématographiques. Mis à part le Ferrara et le James Gray, tous deux, dans des genres très différents, c'est plutôt depuis le cinéma français que mes plaisirs de spectateur furent comblés. Deux films à part, étonnants et stimulants, confirment les talents de réalisateurs singuliers.
"La France" de Serge Bozon propose un lent road-movie pédestre teinté d'une humanité et d'une singularité nécessaire dans un paysage cinématographique français devenu tellement timoré. Là, il ose non seulement un casting hétéroclyte parfait mêlant sa bande de potes déjà vue dans "Mods" avec des comédiens plus confirmés tels que Guillaume Depardieu, Pascal Gregory, Jean-christophe Bouvet et Sylvie Testud. La mayonnaise prend parfaitement, non seulement grace à une direction d'acteurs hors pairs mais aussi et surtout grace à la confiance dans la mise en scene et l'écriture. Les plans sont d'une simple beauté, trouvant leur juste durée pour que l'on soit en permanence éveillé au film. C'est également ce que je pourrai dire du second film français qui me toucha profondemment cette année. "Avant que j'oublie" de Jacques Nolot prouve qu'il est simple de faire un pur bloc d'emotion et de plaisir avec presque rien, simplement des dialogues parfaitements écrits et interprétés. Le film, d'une noirceur terrifiante, vecteur d'une angoisse diffuse constante, demeure pourtant, grace simplement à la franchise de son ton, totalement supportable. L'humour désenchanté place le film sur un précipice dangeureux, entre l'auto-complaisance, l'auto-apitoiement dans lequel jamais il ne sombre et une dérision sur soi-même salutaire. Car rien n'est particulièrement réjouissant dans la vie d'un homosexuel vieillisant, séropositif, et pourtant, l'appétit sexuel ne tombe pas, malgré les cachets, malgré la tristesse, la vie est là, bien présente, permettant au protagoniste de trouver, dans ses rapports aux autres, à ses amis, ses amants, ses souvenirs, une place bien à lui, une place au monde. Et travesti, fumant cigarette sur cigarette, il peut du haut de ses talons, s'engouffrer dans l'obscurité d'un cinéma porno, pour s'évanouir à la vie, presque paisiblement. Mais de ce désenchantement, je suis ressorti vigoré, stimulé par tant de simplicité et d'élégance cinématographique.

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Mais Cannes, ce n'est pas que des bons films, c'est aussi quelques fêtes prodigieusement vulgaires mais auxquelles une irrépressible envie d'en étre me saisie. Par exemple, après avoir vu le sublime Go Go Tales de Ferrara, j'entends dire que le cabaret de strip tease  du film avait été reconstitué dans une villa. Vaille que vaille, je veux voir ça et je trouve l'énergie, bien qu'il est déjà 3h du matin et que la fête se situe à 20 minutes en car de Cannes, à y aller. Je tape un petit rail histoire de retrouver la pêche et me voilà parti ! Et là, c'est juste dingue, un monde de fou, vodka tonic sur vodka tonic, retrouvailles avec les amis, plusieurs lignes plus tard, je découvre la reconstitution du cabaret. Je suis déçu, c'était de la publicité mensongère, car en fait il s'agit d'un bassin à mousse noblement appelé "Fishing the bimbo" où visiblement (mais je suis arrivé trop tard) de jeunes et dénudées filles se faisaient pêcher par de musculeux danseurs. Non loin de cette activité hautement intellectuelle, sous une tonnelle éclairée de spots rouges du meilleur effet, 5 ou 6 chaises attendaient que des hommes moins timides que moi s'asseyent afin que de somptueuses strip-teaseuse leur prodiguent d'excitantes lap-dances sous les regards envieux et concupiscents de ceux qui n'avaient finalement pas osé s'assoir.

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Pour ma part, j'ai préféré l'atelier dope que quelques amis et moi avions installé dans un coin du parc, un peu à l'écart. Là, plusieurs grammes d'une coke assez moyenne finirent dans plusieurs narines, plus ou moins jolies. A peu près toutes les demi-heures, nous nous retrouvions à cet atelier. Et ce, entre 4h et 7h du matin, je vous laisse faire donc les comptes. Pendant ce temps, Asia Argento mixait et mettait les Dead Kennedy's.

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Le retour en navette fut comme il se doit assez rigolo, les gens, se battant littéralement afin de quitter cette villa, tout comme ils s'étaient battus pour y entrer.
Ce matin, par chance j'ai eu la possibilité de voir le film qui avait à lui tout seul justifié ma présence à Cannes. J'attendais le James Gray avec impatience et cette attente n'altéra en rien mon plaisir à sa vision. La tragédie familiale, thème cher à James Gray est le noyau de "We own the night" (sublime titre, devise des flics newyorkais). Encore une fois, des comédiens impressionnants et une mise en scène d'un classicisme qu'il fait bon retrouver. C'est sans doute avec le Ferrara MON film du festival.
Ensuite, le très attendu Breillat, qui pour une fois, ne la ramène pas trop et semble s'appliquer à servir une adaptation fidèle de Barbey d'Aurevilly. Asia est belle, le jeune comédien aussi, par contre, en sortant du James Gray, on mesure facilement le décalage entre une mise en scène ORTF et le vrai talent cinématographique.
Ce soir, c'est la fête de clôture de la Quinzaine des Réalisateurs. Chaque année, c'est une fête plutôt sympathique où on s'amuse plutôt bien. Je vais m'y employer.

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Abel

A l'entrée

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A la sortie

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mercredi 23 mai

Get the party started

Bon, il faut bien l'avouer, même à Cannes, où normalement tout est possible, et bien, c'est le parcours du combattant pour trouver une connection wifi, gratuite, non sécurisée. Donc, mes promesses de poster d'ici sont difficiles à tenir. De même, j'ai la quasi impossibilité de lire mes blogs préférés ici. Et, du coup, c'est con à dire, mais ça me manque un peu. Il faudra un jour que je pense à me désintoxiquer en faisant une réelle coupure avec le web. Sinon, le festival est égal à lui même dans sa frénésie, sous un soleil de plomb. Quelques bons films mais pas encore de réelle révélation. J'attends avec impatience la projection de "Go Go tales" du grand Ferrara ce soir à la séance de 0h30 avec le ferme espoir de dégoter une place, ce qui n'est pas gagné. Les fêtes sont agréables, un peu de drogue, quelques filles mais pas de sexe. Je commence à avoir une théorie sur le sexe à Cannes. En fait, je pense que ça ne baise pas tant que ça. Les conditions d'hébergement, la fatigue, le monde tout ça n'est pas très propice à la batifole. Personnellement, depuis bientôt 10 ans que je vais à Cannes, ça m'est arrivé trois ou quatre fois, ce qui, si j'en crois les statistiques, impliquerait une moyenne d'une année sur trois. Donc normalement, c'est cette année. On verra bien mais en fait, on n'est pas là pour ça non ?

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samedi 19 mai

Sur le départ

Ça y est, je commence vaguement à me préparer pour la semaine intense cannoise qui s'annonce.
Le festival est déjà commencé, j'ai suivi de loin son actualité via quelques blogs mais n'ai vu aucune image ni trop lu la presse. Donc aucun buzz pour le moment. J'ai quand même craqué et suis allé voir Zodiac dans une salle parisienne bondée. Le classicisme du film ne lui laisse pas présager une palme qui serait je pense de toute façon peu méritée même si le film est un pur moment de plaisir. Fincher se retient en permanence d'étaler sa virtuosité et c'est là toute la qualité du film. Il colle à son sujet, frontalement, sans effets, avec la même ténacité qui anime les personnages dans leur recherche du sérial-killer. Une vraie réussite de 2h30 qui passent sans qu'à un seul moment on ne s'ennuie. Pakula, ou Lumet, dans leurs meilleurs films, parvenaient à trouver cette grâce rythmique, Fincher ici y excelle. Film bavard, logorrhéique même, mais jamais saoulant. On comprend le succès très relatif qu'à recueilli ce film aux USA. Les acteurs sont encore une fois superbes, la bouche et le regard de Mark Ruffalo seraient prêts à faire craquer les pires hétéros dont je suis. Les filles, là voilà votre usine à fantasmes !
En attendant, je fais le tri dans les chemises et les pantalons que je vais apporter, je commence à me faire un vague planning des films à ne surtout pas manquer. Je table sur une moyenne de 4 films par jour en espérant pouvoir en faire plus encore. J'envoie quelques textos histoire de me faire inviter aux bonnes fêtes et ne pas trop galérer pour trouver champagne, filles et drogues.
J'essayerai de poster un peu de là-bas.
Et puis, juste parce que je suis retombé sur ce morceau : voilà.

Martha & the Muffins : Echo Beach

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lundi 14 mai

comme quoi...

Je le reconnais, j'ai un à-priori assez négatif sur les actrices qui se mettent à chanter, et pour l'inverse aussi d'ailleurs. Pourtant, je viens de tomber sur une assez agréable surprise (oui, je sais, j'ai un peu de retard) mais l'album d'Ultra Orange & Emmanuelle (Seigner) est une belle réussite.

Ultra_Orange___Emmanuelle__2007__01

Je n'ai aucune sympathie pour la donzelle que je ne trouve pas particulièrement jolie, son air con et prétentieux me tapent sur les nerfs (sa connasse de soeur encore plus) et, depuis qu'elle est avec Polanski, il n'a pas été capable de faire un seul film intéressant (sauf Frantic et Lune de fiel où elle tenait pourtant le premier rôle). Je trouve qu'elle joue assez mal, mais par contre, le petit voile posé sur sa voix sert parfaitement les chansons écrites par le groupe. Alors c'est sans doute parce qu'elle est une aussi piètre actrice qu'elle est une aussi talentueuse chanteuse.
L'album, fortement influencé par le Velvet lorgne parfois vers des rivages pop dont le costume semble cousu main sur les courbes de la chanteuse. Quand la pop-rock parvient à trouver ces accents-là, merde, je jubile.
Et puis elle n'a pas pu s'empêcher de faire un petit clin d'oeil à son cinéaste de mari en revisitant le thème entêtant de Rosemary's Baby pour en faire un joli lullaby. Voilà c'est ça, elle était une bien exaspérante chenille, maintenant c'est un papillon !

Ultra Orange & Emmanuelle : Rosemary's Lullaby

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vendredi 11 mai

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Bon ça c'est réglé...

Barbara Carlotti : Cannes

Posté par void à 18:33 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 06 mai

ça y est...

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Nicolas Sarkozy est à peine élu depuis 3 heures 30 que déjà Mireille Mathieu est de retour pour nous infliger la Marseillaise... Bordel, qu'est-ce qu'on va devenir ?

Posté par void à 23:19 - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Putain, 5 ans !

Merde, c'est déjà assez flippant comme ça depuis 2002. (Et même avant finalement) Combien d'entre nous vont trébucher sans pouvoir se relever, combien d'entre nous vont être écrasés, piétinés ? Ça va en laisser combien de côté, exsangues, vidés, terrassés. Et combien en regard vont devenir plus puissants, plus durs ? Une nation de propriétaires individualistes, la voilà l'identité nationale. Bon, on va où ?

Tout ça me laisse sans voix.

The Buzzcocks : Nothing left

Posté par void à 21:15 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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