jeudi 28 février
Tiny Tears
Ça y est, c'est devenu une sale habitude, une putain de manie ! Je vais travailler, je m'isole totalement des autres le lecteur mp3 vissé aux oreilles et les voix éthyliques et caverneuses de mes idoles rock m'accompagnent toute la journée. Et pourtant, je sais bien qu'il ne faudrait pas, qu'il suffirait que je retire le casque, parle, m'implique, et tout irait mieux. Mais non, c'est plus fort que moi. Je me laisse envahir par la tristesse et l'inappétence (je ne crois pas que ce mot existe, mais il dit bien là.) Et toute la journée, les larmes sont là, aux bords des yeux, prêtes à déverser leur amertume. Mais non. Rien. Ce n'est qu'ici, dans la solitude glaciale de mon "chez-moi" que les vannes s'ouvrent et que le flot jaillit. Et putain, qu'est-ce que ça fait du bien... Un temps...
Tindersticks : Tiny Tears
mardi 19 février
Hollow inside
Où suis-je donc passé ? Je ne me retrouve plus. Je crois que je me suis perdu. Je ne me ressemble plus.
Rarement je dresse une oreille à mon propre bruit, ou alors trop souvent, si souvent que je ne l'entendais plus, et là, le voilà qui prend toute la surface sonore. Assourdissant et méconnaissable. Quand j'écoute avec attention, ce n'est pas mon son familier, mais j'ai l'impression d'entendre les plaintes d'une adolescente gothique et rebelle, qui vomit sa bile contre une société qui ne la comprend pas et dans laquelle elle ne peut trouver une place. Voilà, c'est ça que j'entends. Je pense à fuguer ou à me suicider environ 15 fois par jour mais je le ferai pas parce que de toutes façons, personne ne comprendrait ce geste.
Bordel, pourquoi c'est ça que j'entends et pas le bruit d'un quadra fatigué ? Alors je pleure, je pleure comme cette adolescente. Ce qui est le plus flippant finalement, c'est de ne pas comprendre d'où ça vient.
Buzzcocks : Hollow inside
mardi 12 février
où es-tu mon amour ?
Barbara Carlotti : Tunis
lundi 11 février
Rien n'y fait
Ce soir, c'est particulièrement âpre et difficile. Les raisons sont tellement évidentes que ça en est ridicule et pourtant, la douleur est là, transperçante comme une chignole. Les appels du pied, l'intérêt même de certain(e)s à mon égard, la vraie tendresse que je sais chez ceux que j'aime, y compris ma propre curiosité pour ces inconnu(e)s qui s'approchent, ne viennent pourtant détourner de la suffocation. Rien n'y fait.
Iggy Pop & the Stogges : I got nothing I got shit
mardi 05 février
J'ai peur.
Ça a commencé assez bizarrement. Une montée lente et insidiueuse d'angoisse. Rien, objectivement n'était là pour provoquer cette peur panique qui rendait le souffle court, le chaud aux tempes, rien. Alors j'ai préféré ne pas me poser la question, évacuer au plus vite toutes les interrogations qui justement, elles, auraient pu m'angoisser encore plus. Cette épouvante allait bien finir par me quitter non ? Partir comme elle était venue, sans raison, et me laisser pantelant mais soulagé. Mais la nuit ne faisait que commencer et elle allait être longue, un cauchemar éveillé où la recherche de l'endormissement serait l'unique but à atteindre, demeurant pourtant inaccessible, se dérobant dès que je serais prêt à le saisir. J'ai vécu cette nuit comme un de ces films d'horreur de série B où le protagoniste est plongé dans une succession d'événements improbables et terrifiants. Le lever du soleil signifiant juste que les démons s'enfuiraient, finiraient par retourner là où ils attendaient, tapis et prêts à mordre, comme ils le font maintenant chaque matin depuis longtemps, que le soir revienne.
J'ai peur que cette nuit encore, ce soit un combat inégal.
The Buzzcocks : I can't control myself
